28 octobre 2016 : Neige d'automne sur le Vignemale vu du Néouvielle


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lundi 31 août 2009

29-08-2009 POINTE JEAN SANTE (OSSAU) - COULOIR POMBIE-PEYREGET (Dinf)

Pointe et brèche Jean Santé, couloir Pombie-Peyreget
Pointes Jean Santé et d'Aragon
Matin brumeux
Cyril arrive à R2
Beau perchoir pour admirer le paysage
Moi aussi je fais la pause photo
Sous le grand suplomb du couloir
Cyril arrive à R4
A la sortie des vires déversées
Cyril dans L5 sous le grand bloc
La pointe d'Aragon
Au sommet Plein gaz sur Pombie
La Grande Raillère vue du sommet
Plaque commémorative et guides (Ollivier, Dupouey, Passages Pyrénéens)
Cyril dans la brèche Jean Santé
Rappel dans le couloir
En rappel au dessus des Vires


A LA POINTE JEAN SANTE
PAR LE COULOIR

POMBIE-PEYREGET

(Dinf)

Samedi 29 août 2009 avec Cyril Renailler

Au dessus de la muraille cuivrée de Pombie, la quatrième pointe de Jean-Pierre me faisait rêver depuis longtemps. Lieu de haute lutte avec les parois parmi les plus difficiles de l'Ossau et des Pyrénées, depuis plus de 80 ans, la pointe Jean Santé a opposé sur ses flancs, éperons, faces, gendarmes, aiguillettes et couloirs, de redoutables défenses aux plus grands pyrénéistes d'avant garde.

Jean Santé bien sûr, son premier vainqueur, Robert Ollivier, Marcel Cames, François Cazalet, Roger Mailly, Marcel Jolly, Joseph Simpson, André Brives, André Armengaud, Jean et Pierre Ravier, Marcel Bernos, Jacques Soubis, Hervé Butel, Jean-Louis Pérès, Louis Audoubert, Robert Mizrahi, Jean Oscaby, Raymond Despiau, Francis Tomas, Rainier Munsch, Dominique Julien, Bernard Prat, Michel Fabbro, Tony Bedel, Michel Boulang, Jean-Claude Coste, Serge Castéran, Jérôme Thinières, Rémi Thivel...pour ne citer qu'eux (et j'en oublie beaucoup...), chacun à leur manière et dans une progression d'ensemble pouvant parfaitement illustrer l'évolution du pyrénéisme de difficulté - tant estival qu'hivernal - sont venus écrire tour à tour une page dans l'histoire de la conquête de cette pointe. La muraille de Pombie, les splendides parois sud et sud-est, les couloirs Pombie-Suzon et Pombie-Peyreget ont fait de la pointe Jean Santé un des plus haut lieu du pyrénéisme de difficulté.

Cet hiver, lors d'une conversation avec mon ami agenais Silvio Trévisan, nous évoquons la sud-est de la Jean Santé. Je lui parle de Louis Franchéo qui participa le 30 août 1953 (avec M. Bernos, M. Cazenave et M. Jolly) à la 3ème ascension de la voie originale (TD V+) ouverte les 7 et 8 mai 1953 par A. Armengaud et Jean Ravier. Et Silvio, me disant qu'il est encore viviant et qu'il le connait, de me proposer de le rencontrer, Louis habitant au nord du Lot et Garonne, à une heure de route d'Agen. Rendez-vous fut pris, et c'est ainsi qu'à Pâques, avec Silvio, nous sommes allés rendre visite à Louis Franchéo.

Visiblement heureux que l'on vienne l'interroger et l'écouter sur une période de sa vie ou il fréquenta les plus grands pyrénéistes (et même alpinistes), l'homme, malgré ses 87 printemps, n'en garde pas moins une grande précision dans ses souvenirs. Et avec une verve certaine, l'après midi se déroulant dans ce coin de campagne à l'extrémité nord du département, nous avons écouté Louis Franchéo nous faire part du souvenir de ses escalades pyrénéennes ou alpines, en évoquant des figures connues : André Brives (son parrain d'escalade), Beroy (Marcel Jolly)... et les moyens d'époque de l'escalade artificielle (! no comment !).
S'interrompant un moment, Louis m'entraina dans son atelier (ou il réalise de magnifiques vitraux peints), et ouvrit une superbe boîte de sa fabrication, incrustée d'une multitude de cristaux translucides. Elle en renfermait d'autres, plus gros et bien plus beaux encore, d'une pureté absolue. Lorsque Louis me demanda si j'avais une idée d'ou ils provenaient, je lui répondit que je n'en savais rien. Alors, je lui ai laissé le plaisir de m'apprendre (je m'en doutais un peu quand même) que ces joyaux de verre étaient en fait du quartz, et qu'il les avait arraché -marteau aidant avec délicatesse - à la paroi lors de son parcours de la sud-est à la pointe Jean Santé. Raison de plus pour y aller...

Vendredi 28 août 2009, 21h30

Nous quittons les alentours du col du Pourtalet. Il fait nuit, et de plus un épais brouillard a envahit les lieux. La visibilité ne dépasse pas le faisceau de nos lampes. Qu'importe, nous partons sans inquiétude, traversons le torrent et trouvons le chemin connu montant en lacets au col du soum de Pombie. Ce faisant, nous croisons trois espagnols casqués, rentrant de la voie normale, qui nous informent qu'il faut trois heures pour relier le refuge. Mais bien sûr... Nos sacs bien fermés ne laissant rien deviner de nos intentions, on a Cyril et moi l'impression qu'ils nous prennent pour des neu-neu. M'enfin, 1h après avoir quitté le macadam, nous plantons rapidement et discrètement la tente sur l'aire de bivouac proche du refuge, puis nous endormons le plus vite possible.

Samedi 29 août 2009, 7h30

Dring, à 8h15, après avoir salué Karine au refuge, nous quittons les vertes pelouses pour remonter la Grande Raillère. A 9h, nous sommes au pied de la voie des Vires. En nous harnachant, je me rends compte que les dégaines sont restées dans le coffre. Tant pis, on fera sans. 9h40, nous commençons à monter sur la première vire, et parvenu sur la terrasse herbeuse, sous le couloir Pombie-Peyreget (souvent utilisé comme itinéraire de descente de la pointe en rappel), je consulte mon guide Ollivier. Je voulais au départ gagner la Jean Santé par la voie des Vires, puis la pointe d'Aragon par le couloir Sanchette avant de suivre l'arête jusqu'au sommet. Mais là, changement de programme, je décide Cyril à me suivre pour gravir le couloir Pombie-Peyreget (itinéraire 214 du guide Ollivier Aspe-Ossau, ou 79 du guide Dupouey).
Quittant les Vires, nous franchissons (L1) sur la gauche un court ressaut (III+) et suivons une banquette herbeuse incliné allant en se redressant jusqu'à la base du couloir (II). Guide Ollivier en main, je pense suivre l'itinéraire indiqué. Je m'engage aussitôt plein axe, dans une cheminée rébarbative, dans laquelle je bataille ferme. Au bout d'un (long) moment, Cyril me suggère d'ouvrir le guide. Après consultation, redescente. 1h de perdue. Je m'élève alors plus sur la droite dans une fissure, avant de surmonter un dièdre court mais déversant (1 piton en place à sa base) en posant friends et coinceurs (IV). Au dessus, une autre fissure fait suite, je l'escalade (III+) avant de rejoindre une dalle déversée sur le vide. Je la traverse sur la droite (II, 1 piton en place) sur une dizaine de mètres avant de remonter légèrement (R2). Cyril ne tarde pas à suivre. Au delà, par un cheminement plus facile (III), en contournant sur la gauche un bloc monumental, nous reprenons pied dans le couloir (L3).

L'endroit est austère, dominé par un surplomb impressionnant. Relais sur la gauche du couloir (R3). Je le traverse avant de m'élèver sur un court mur vertical (IV). Il donne accès à une petite vire déversée, surplombée par des blocs. La progression n'est pas difficile, mais exposée. Protection sur friends. Je suis la vire, franchit une nervure qui me permet de gagner une seconde vire. Un peu plus large, je la remonte (un piton en place), puis rejoint une terrasse d'éboulis sur laquelle j'installe le relais (R4). D'ici, la vue est des plus impressionnante sur les parois de la pointe qui plongent directement sur la Grande Raillère.
Cyril passe devant (III) et s'élève sur la gauche jusqu'au pied d'un grand bloc. Malgré le guide, il ne sait pas trop ou aller. Je l'y rejoint (R5). Après consultation détaillée, je continue toujours sur la gauche et arrive au pied d'une fissure dominée par une lame rocheuse (1 piton à la base). Je surmonte tant bien que mal cette fissure suivie d'un dièdre (IV malcommode), mon plus gros friend (le n°3) y nageant royalement (faudrait peut être s'équiper d'un n°4). Au dessus, quelques blocs faciles suivent, j'installe un relais sur sangle (R6). Quand Cyril me rejoint, je regagne sans difficulté le fond du couloir (II). Relais sur bloc à nouveau (juste au dessous, il y a un des relais équipé pour redescendre en rappel). La brèche Jean Santé est en vue, Cyril la gagne par une pente d'herbe et de rocaille (II).

En y parvenant, c'est une vue saisissante qui s'offre soudainement à nous sur les abîmes du couloir Pombie-Suzon. En corde tendue, nous finissons l'ascension (II) de la pointe Jean Santé.

Et c'est avec une joie teintée d'une émotion bien particulière que nous parvenons au sommet de cette dernière.

Près du cairn sommital, je découvre la plaque déposée par le GPHM à la mémoire de Jean Santé, qui fût le premier à en fouler la cime le 4 septembre 1927. Il utilisa pour y parvenir, aidé par Charles Fraisse et Roger Cazabonne, un rappel depuis le sommet de la pointe d'Aragon. La plaque commémorative, bien que fendue en deux, délivre toujours son message de souvenir :

A

JEAN SANTE
MORT AU CHAMP

D'HONNEUR

LE 25 JUIN 1940

LE GROUPE

PYRENEISTE DE

HAUTE MONTAGNE

Repas, séance photo (le guide Ollivier avec le Dupouey et Passages Pyrénéens - rien que ça, dès fois qu'on aurait eu du mal à trouver le sommet - à coté de la plaque, composition d'altitude), tandis qu'à l'aplomb du sommet, des cordées sortent des voies sud-est. L'impression produite, avec les éboulis concentriques de la Grande Raillère, les paturages, le lac et le refuge de Pombie, est des plus spectaculaire. En toile de fonds, les grands sommets pyrénéens (Telara, Enfer, Frondella, Balaïtous, Fache, Vignemale, Pallas...) complétent la vue et lui donnent une dimension de tout premier ordre (comme quoi il n'y a pas qu'à 3000m que...).

Au sommet, brillant sous le soleil, je trouve beaucoup de petit blocs renfermant des cristaux, et je ne peux m'empêcher d'en glisser quelques uns au fond du sac. Même s'ils sont bien moins purs que ceux que m'a montré Louis Franchéo, ils feront toujours un heureux souvenir.
15h30, même si la journée est magnifique, c'est un peu tard pour rejoindre la pointe d'Aragon puis le grand pic. A regret, nous quittons cette pointe pour revenir à la brèche Jean Santé.

Nous redescendons le haut du couloir Pombie-Peyreget avant d'entamer la descente intégrale de ce dernier par une série de grands rappels (tous les relais sont équipés).

Retour sur les vires puis au pied de la paroi avant de redescendre les blocs et éboulis de la raillère. 21h30, à la nuit tombante, nous repassons au refuge avant d'aller préparer la popote et de se coucher.
Demain sera un autre jour...
celui du Petit Pic (à suivre...).

jeudi 27 août 2009

24-08-2009 RAISON D'OURS A LA MURAILLE SUD DU RAMOUGN

A la sortie de la voie (L4)
Cyril dans L3
Cyril arrive à R3

Cyril dans L2
au dessus du surplomb

Raisin d'Ours à la muraille sud du Ramougn
Lundi 24-08-2009 avec Cyril Renailler

Voie Dinf équipée en 08-2005 par H. et F. Dedieu, J.-F. Loaec, P. Pellarey
Pour le topo voir:
http://www.remi-thivel.com/topos/nouveautes/pages/ramougnraisinours.html

Hier, en redescendant du Turon, petit arrêt au bistrot préféré de Cap-de-Long au Garlitz.
On sait pas trop ou aller le lendemain, et comme je n'ai pas le topo de Raisin d'Ours, Pascal Ravier, se charge de nous le faire. Comme ça on sait ou aller...
Donc, lundi 24 août, remontée vers les terrasses, arrêt au premier couloir de la muraille.
On trouve pas le spit de L1, mais Cyril part quand même (III+ herbeux) et récupère R1 un peu plus à droite (2 spits).
Je repasse devant pour L2, et après divers démélés (il y a une voie avec un spit sur la gauche, mais c'est pas la bonne, moins équipée et plus dure) et une redescente sur un maillon rapide vissé sur un spit, Cyril repart dans L2 (un pas de V-, court surplomb) en suivant la ligne bien spitée (quelle évidence). Relais sur un spit et un friend. Je suis en récupérant mon maillon à moi.
Je poursuis dans L3, un court surplomb (un pas de V) puis belles dalles (IV+), R3 sur deux spits.
Cyril repasse devant, traverse sur la gauche puis s'élève verticalement (IV+) sur un court mur avant de trouver un autre relais par des dalles (IV). Normalement, c'est R4, mais comme on a une corde de 60m, il estime pouvoir sortir directement. Beaux rochers (IV+), petit dièdre lisse (V) puis blocs noirs (IV), et Cyril sort sur la crête des Laquettes, avant que je le rejoigne. Repas, passage au Pas du Gat et retour au bistrot.
Jolie voie pour jour de flemme (moins belle que Flagrant délice ceci-dit), rocher irréprochable, belles perspectives sur Cap de Long, équipement parfois espacé (donc prévoir quand même les friends en plus de 5 dégaines).

mercredi 26 août 2009

23-08-2009 TURON DE NEOUVIELLE FACE EST (Dinf)

Juste avant de parvenir au sommet
Cyril en visite dans les jardins suspendus du Turon,
en direction de l'arête terminale
Sortie de L3
Piton d'époque dans la longueur du rateau de chèvre
Cyril arrive à R2

Au Turon de Néouvielle par la face est directe (voie Ravier 1963)
avec Cyril Renailler

Si le premier 3000 vaincu aux Pyrénées en 1787 par Reboul et Vidal avec Guicharnaud est d'un accès très débonnaire par son versant nord du bassin de la Glère, il en va autrement des parois qui dominent le lac et les terrasses de Cap-de-Long. Cyril enfin revenu de son Tadjikistan, redescend donc de 2000m de dénivellé. Nous optons pour la voie directe ouverte en face est du Turon, par Jean et Pierre Ravier le 20 octobre 1963. Ce jour là, ils fêtaient leur trentième anniversaire, et non content de déflorer cette voie, ils réalisèrent le même jour une première sur le pène Esperracade, sous le pic Méchant. Chacun son cadeau!

Nous partons à 6h15, remontons le chemin connu de la brèche de Néouvielle avant de filer sur les terrasses. J'abandonne les bâtons et mes chaussures (j'ai pas envie de trimbaler mes Super-guide dans le sac) au milieu les blocs après l'arête Ferbos, et poursuis l'approche avec les chaussons. Avec le guide Ollivier (itinéraire 240a) et le livre de Pascal Ravier, il n'est pas trop difficile de repérer l'éperon qui s'élève dans la face.

Cyril profite des premiers rayons de soleil en regardant
le pic Long s'iluminer

9h30, 1ère grande longueur sur la droite du fil de l'éperon, dans de belles dalles (III), en tirant légèrement à gauche, relais sur friends.

2ème longueur identique plus courte, afin de rejoindre le fil de l'éperon (III+). Relais sur un bloc, sous un bastion surplombant.

3ème longueur, un pas acrobatique pour franchir une nervure, puis en tirant sur la droite pour ensuite remonter franchement de superbes dalles (2 pitons en place) avant de parvenir au passage clé de cette voie: une fissure horizontale en rateau de chèvre, très spectaculaire.

Mais juste dessous, j'ai plus beaucoup de matos, alors je place un coinceur béton au dessus du 2ème piton, et Cyril me redescend en moulinette. Je récupère quelques friends avant de remonter me frotter au passage. Encore quelques pas avant d'y parvenir (IV+), puis il faut se hisser (un pas de V-) au niveau de la fissure avant de l'empoigner. Et là, après y avoir coincé un friend n°3, il ne reste qu'à la traverser de gauche à droite, les mains agrippées sur le rebord, les pieds en adhérence sur la dalle au sommet de laquelle elle se trouve. Passage magnifique, bien gazeux, un peu d'adrénaline. Encore quelques pas (IV/IV+), et il faut revenir sur la gauche pour reprendre le fil de l'éperon. Relais sur sangle (blocs) sur terrasse 3 étoiles, au pied d'un ressaut recouvert de lichen noir.

4ème longueur : jusqu'ici, j'avais suivi à la lettre la voie originale du guide Ollivier, et pour sortir du ressaut de base, au lieu de contourner à gauche le bastion qui me domine (comme indiqué), je passe sur la droite. Un pas malcommode (V-) pour enjamber une nervure puis une petite traversée aérienne suivent, avant de remonter une courte cheminée légèrement déversante (IV+). Au dessus, de bons rochers (IV-) mènent à une zone facile. Relais en terrasse sur bec.

Cyril passe devant et nous avançons en tendu (à 60m!) pendant environ deux longueurs, entre rochers et pentes herbeuses, afin de récupérer la base d'une petite arête sur la droite qui s'élève jusqu'au sommet. Joli jardin supendu.

Après avoir lové un brin, je continue sur l'arête en corde tendue à 30 m, progressant sur un bon rocher agréable (II+). Parvenu sous le sommet, à hauteur du col qui sépare le Turon de la pointe Reboul-Vidal, je propose à Cyril de tirer à flanc sur la gauche pour aller gravir cette dernière. A peine ai-je quitté l'arête que je me retrouve dans un rocher pourri, je provoque l'éboulement de quelques blocs qui atterissent sur la corde. Suffit, je vais pas bouziller une corde par an (comme l'an dernier dans la face nord du pic Long). Je reprend le droit chemin de l'arête aussitôt et nous débouchons au sommet peu après, dans une bien belle ambiance (14h).

Nous sommes pleins d'admiration pour nos deux impénitents du pyrénéisme (qui eux ne laissaient pas leurs Super-guide au bas de la face) et bien content qu'ils aient découvert cette voie de toute beauté, sur un granit absolument irréprochable. Chapeau bas, encore une fois. En plus, ils avaient pas dû chaumer, parce que le guide Ollivier donne la voie en 1h30! Pascal Ravier, qui en propose une variante directe dans son guide Vallée d'Aure, morceaux choisis, indique quant à lui 3h, ce qui me semble plus juste. Nous on a mis 4h30, mais on prend beaucoup de photos, et je fume aux relais...

Tour d'horizon, repas, pendant quune cordée termine l'arête SO, puis descente par la voie en Z à partir du point le plus bas de la crête Turon-Trois Conseillers. Je la connais bien mais tout de même, avec les chaussons aux pieds dans les pentes de gispet et d'éboulis, je préfère garder la corde et demander à Cyril de me tenir au cas où. On descend ainsi rapidement en tendu à 30m par cette face jusqu'aux éboulis (itinéraire 225 du guide Ollivier) avant de regagner le matériel. Retrouvaille avec les chaussures, et retour à Cap-de-Long (17h) par les terrasses et le sentier habituel.

En conclusion : belle voie non équipée, certainement peu fréquentée, permettant de gagner de manière très élégante le sommet du Turon de Néouvielle. A recommander.

20-08-2009 ESTARAGNE

20 août 2009

Ascension au pic d'Estaragne
Avec Catherine Bujadoux, Jean-Louis Ladagnous et Gilles Deloison
Joli saxifrage paniculé

Vue sur le Campbieil

Avec Catherine, Gilles et Jean-Louis au sommet d'Estaragne

Pour la visite annuelle à Estaragne, Jean-Louis fait suivre la voie normale à Catherine et Gilles qui ne l'ont jamais gravit. Je farfouille dans la muraille de l'Alharisès, ou je trouve quelques beaux spécimens de saxifrages. A l'arrivée dans le pierrier sous le col d'Estaragne, ils filent tous trois sur la sente bien marquée sur la gauche. Quant à moi, histoire de changer d'itinéraire, je m'élève dans le pierrier jusqu'à mi hauteur du col. Ensuite, je gagne le point culminant de la crête entre le col et le pic, en empruntant au dessus des éboulis noirs un couloir évident s'élevant de droite à gauche dans la petite face qui domine. Mauvais rocher au début, puis meilleur quand la pente se redresse, je pose un peu les mains (II). Je débouche finalement sur le sommet de la crête, redescends légèrement (I+), avant de gagner le sommet(2h15) de l'Estaragne par la crête ou les autres me rejoignent bientôt. Nous ne sommes pas seul, le paysage est bien connu, personne ne veut poursuivre jusqu'au Campbieil, sniff.

Redescente hors sentier le plus possible, dans les pentes d'éboulis propices au ski d'été (1h20)...

17-08-2009 BRECHE DES CINTES BLANQUES

17 août 2009
A la brèche des Cintes-Blanques (vallon d'Estaragne)
avec Gilles Deloison et Antonin Nicol
(et Flavien, Gabin, Violaine, Delphine et Antonin jusqu'au plateau d'Estaragne)




Delphine et son petit Antonin
Gabin, 1ère sortie en montagne
Antonin, Gilles, Violaine, Flavien
Concilia-bule
Le guide Antonin avec sa suite.Gilles se mire au laquet de la brèche des Cintes-Blanques
Le muflier mou
Le célébre lycopode dréssé (sélagine)

Aujourd'hui, Antonin a fait le déplacement de sa vallée d'Ossau pour aller photographier une fougère d'altitude (mais oui mesdames et messieurs, une fougère!) très rare (inscrite sur la liste rouge des espèces protégées en France) qu'il dit savoir être localisée au pas de la Cau. Oui mais voilà, le pas de la Cau, il est sur l'arête Bugatet-Méchant, et la parcourir est encore le moyen le plus simple d'atteindre le pas. Antonin n'avait pas prévu cela, d'autant que je l'informe que l'arête ressemble par endroit à de l'équitation et qu'il vaut mieux prendre une corde.

Résultat, finalement, on monte dans le vallon d'Estaragne avec mon frère Flavien, Gabin son fils et Violaine, Gilles, Delphine et Antonin (leur fiston). Après le rempaillon sous le replat, on dépose les gamins, Flavien, Violaine et Delphine restent avec eux, et avec Gilles et Antonin on fille vers la brèche des Cintes-Blanques.

Antonin trouve quelques plantes, se met à photographier, cela commence à traîner. Je m'asseois avec Gilles, on l'attend, et quand il arrive, il fait un bond en me disant que j'ai les fesses à coté d'une plante qu'il cherche depuis dix ans. J'avais même pas vu, faut dire que vu la taille du spécimen, faut bien chercher pour le voir. Séance photo pour le lycopode dréssé (sélagine).

On continue, un peu de rocaille et nous parvenons au joli et minuscule laquet sous la brèche. Cette année, c'est une cuvette de neige parfaite, l'eau a fondu par dessus, et cela produit des reflets somptueux. Je positionne Gilles au bord, son reflet est tout bleuté, et je prends quelques clichés sur fond de Néouvielle en m'élevant un peu.

Finalement Antonin nous rejoint, on grimpe à la brèche, je trouve du génépi...et un aster des alpes. Personne ne veut aller à Lalastoude (dès fois que je les entraine jusqu'au Méchant), du coup on herborise tranquillement avec vue sur Piau. Mais la fameuse fougère, on la cherche toujours.

Les autres sont redescendus, on mange sous le laquet puis on repart à notre tour, et pendant qu'Antonin et Gilles redescendent dans le vallon, j'en profite pour rentrer par les terrasses d'éboulis du pic Méchant. Et coup de chance, je trouve un et un seul pied de muflier mou avant de regagner par des pentes boisées (pas de champignon, sniff) le parking.

15-08-2009 PIC MAUBIC

15 août 2009
Au pic Maubic avec Catherine Bujadoux et Jean-Louis Ladagnous
Nous cherchons un pic facile pour dame. Pour changer de l'Estaragne, je propose à Jean-Louis, d'accompagner Catherine au pic Maubic, à coté du pic Long.

8h, départ de Cap-de-Long, promenade pour longer le lac. On grimpe jusqu'au laquet à l'arrivée des eaux du glacier de Pays-Baché, puis on quitte le sentier pour tirer a vu sud ouest sur les pelouses et les dalles. Ce faisant, j'espère bien déloger quelques lagopèdes (j'en ai toujours vu en montant ainsi au Maubic), mais ce sera pas le cas aujourd'hui. On récupère les névés sous l'arête de Cap-de-Long, cours de progression sur neige avec piolet pour Catherine.

Progression sur les névés sous le Maubic
Au dessus, quelques blocs puis la crête nous mènent au sommet (11h), d'ou nous découvrons le spectacle magnifique que ce petit 3000 réserve toujours, avec vue plongeante sur le lac Tourrat et les abimes de la face nord du pic Long. Un couple de basques nous y rejoint bientôt.

Au sommet du Maubic

Je quitte les amis pour aller par l'arête jusqu'à l'aiguille Tourrat Pendant que Jean-Louis redescend en enseignant à Catherine son art consommé du piolet-ramasse, je me balade au dessus du lac Tourrat, tout en farfouillant une bonne heure dans les brins de génépi. Quand j'en ai fini, Jean-Louis et Catherine sont déjà bien bas, et je les retrouve peu avant le bout du lac de Cap-de-Long.

Vue plongeante sur le lac Tourrat

Pic de Bugarret et pale de Crabounouse, sommet cher à Romain Bourbon


Retraversée, puis même si ce n'est pas son premier 3000 avec nous, Catherine se doit d'être baptisée. Le petit névé du bout du parking sera le thêatre de son baptème. J'ai pris un peu d'avance pour préparer le cérémonial.

Catherine, au pied du névé, est agenouillée devant Jean-Louis qu'elle a choisi pour parrain. Ce dernier tient au dessus d'elle son piolet modèle 1974. Avec la gestuelle auguste que l'expérience mainte fois répétée de cette petite cérémonie lui confère, il prononce la ritournelle de circonstance : Catherine, au nom des 1000 (piolet caressant l'épaule gauche), 2000 (piolet caressant l'épaule droite) et 3000 (piolet caressant la tête), je te baptise... et v'lan, moi de lui glisser quelques bonnes boules de neige sous le maillot dans le dos. Ca marche toujours, rafraichissant pour elle, marrant pour nous. Et Jean-Louis, hillare, de lui en rajouter une couche... la voilà baptisée pour de bon. Nous aussi, un jour lointain, on est passé par ce petit moment...dont on se souvient encore.

video

Le baptême des 3000 de Catherine

14h, retour au parking, direction Le Refuge (il n'y a pas que le Garlitz, notre bistrot préféré, à Cap-de-Long), Sandrine, Gilles, Delphine et Antonin nous attendent, on commande la spécialité de Phillipe le patron (des frites délicieuses faites main), avant de redescendre...repus.

13-08-2009 RAMOUGN ET NEOUVIELLE


13 août 2009

Ramougn et arête sud est du Néouvielle

(PD+)

avec Jean-Louis Ladagnous

Nous avions escaladé le Néouvielle ensemble l'an dernier pour la première fois. Nous y retournons, et je propose à Jean-Louis une de mes ballades préférées: l'enchaînement du Ramougn et du Néouvielle par la petite arête sud est de ce dernier. J'ai ma petite raison de vouloir gravir deux pics aujourd'hui...

Nous passons de bon matin au péage-vol d'Orédon, traversons le barrage (7h15) et grimpons jusqu'à la Brèque. De là, à gauche toute, sous la crête de Barris d'Aubert hors sentier. Arrêt à un laquet, reflet parfait sous les teintes fauves matinales.

Charme matinal en montant au Ramougn


Nous poursuivons dans les blocs, récupérons la sente cairnée, puis autant que possible avançons sur les névés. En passant sous le Ramougn, nous rencontrons en abondance une plante d'exception, que j'avais déjà vue dans les parages. La renoncule des glaciers élève ses bouquets de fleurs, joliment nuancées du blanc au rose, sur les rochers granitiques. C'est la plus haute plante européénne, elle a été signalée à plus de 4200m aux alentours du Mont-Rose en Suisse.
Renoncule des glaciers

On remonte la cheminée légèrement à droite du sommet du Ramougn, puis on rejoint la crête. Vue plongeante sur Cap-de-Long et la vire Batan. J'ai pris un brin de corde, un petit fil de rasoir, joli passage aérien mais facile, une brèche puis une bonne terrasse, on traverse ensuite sur la gauche pour escalader par une cheminée puis des blocs (II+) le cone terminal du Ramougn. 9h45, 3011m, sommet.

Dans la cheminée menant au cône terminal du Ramougn

Escalade finale du Ramougn

On est bien tranquille là, seuls, tandis que déjà, le Néouvielle accueille bien plus de monde. J'en profite pour asseoir l'histoire du Néouvielle sur ses sommets : j'ai monté la toute récente monographie du massif écrite par Pascal Ravier (L'aventure du Néouvielle, Cairn, 2009, livre fondamental pour la connaissance du massif et superbement écrit de plus) et je photographie le livre sur le cairn sommital avec le pic Long ou le Néouvielle en arrière plan.

Jean-Louis se cultive un peu plus au sommet du Ramougn
Le livre de Pascal Ravier au Ramougn, sur fond de la montagne qui lui a inspiré ce bel ouvrage

(ceci n'est pas un photomontage)

1/2h de pause, puis on redescend à la brèche, et suivons la crête jusqu'au pied de l'arête sud est du pic d'Aubert. On la remonte en tendu, sauf pour la petite cheminée terminale (III-). Jean-Louis veut un relais, ok, je coince les deux friends qui se trimbalaient sur le baudrier, et voilà monsieur est servi.

A la sortie de la cheminée sur l'arête nord est du Néouvielle. Quel cadre fabuleux...

Passage à la sortie de l'arête des Trois-Conseillers, quelques dentelures, petit galop encordé sur la dalle finale. 11h30, 3091m, sommet. Bisou au cairn et 18ème Néouvielle pour moi (500ème 3000 gravi au passage), 41ème pour Jean-Louis.

Jean-Louis au sommet du Néouvielle

D'autres débouchent une bouteille de champagne, nous on en a pas monté, mais comme à la Munia, sandwiches préparés et tinto. Et beaucoup de monde en cette belle journée. Repas, séance photo, je sors mon p'tit papier A4 ou j'ai écrit la date, Néouvielle, "500ème sommet à 3000m gravit dans les Pyrénées". Pendant que Jean-Louis me photographie, un grand-père qui est arrivé avec sa petite fille de 7 ans encordée à l'ancienne (il ne la décordera pas d'ailleurs au sommet) me fais remarquer que j'ai raison de tenir la feuille en mettant mon doigt sur le "t" de "gravit". Ben voilà, j'ai fait une faute d'accord. Me v'là malin!

Ca me fera un souvenir...de plus...au Néouvielle


13h30, finalement on quitte le sommet en suivant l'arête vers la pointe 3021, histoire de récupérer par le haut le névé supérieur du vallon des Vieilles-neiges. Et là, comme à la Munia, ramasse partie en coupant la trace plein gaz. Youpi, on est les seuls à avoir des piolets, et on se prive pas de s'en servir. Du coup, descente rapide jusqu'au dernier névé assez bas. Vu les chaleurs de ces derniers temps, je pensais trouver le Néouvielle bien plus sec que cela, bonne surprise donc.

Le Ramougn vu du Néouvielle

Au dernier névé, une dame engagé dessus, en basket de trail et avec deux bâtons, petit sac et appareil photo en bandoulière, nous demande si le sommet est encore loin. Il est 14h30! Elle a quitté le barrage à 8h30, puis est monté à la hourquette d'Aubert avant de retraverser à flanc pour rejoindre la voie normale du Néouvielle. Vu le temps mis pour ce périple (la carte ne parle pas beaucoup nous dit-elle! et l'acension est donné Facile sur internet...), nous lui déconseillons de continuer vu l'heure, la neige glissante, son peu d'équipement en plus. Je lui conseille d'acheter un bon guide de montagne (devinez lequel) chez Yvan Houssard (Lisarts) à Arreau. Ce qu'elle fera d'ailleurs

Arrêt plus bas à la cascatelle d'eau, rafraichissante sous cette chaleur de plus en plus lourde, puis descente par la Brèque jusqu'au barrage. Nous regardons un pêcheur fouetter les truites à la mouche. Elles montent, montent...mais ne prennent pas l'immitation d'insecte en s'en détournant au dernier moment. Malines...

Petit matin au barrage d'Aubert