28 octobre 2016 : Neige d'automne sur le Vignemale vu du Néouvielle


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dimanche 6 septembre 2009

05-09-2009 ARETE NORD OUEST DU GABIETOU ORIENTAL, TAILLON, DOIGT DE LA FAUSSE BRECHE

Samedi 05 septembre 2009

GABIETOU ORIENTAL
PAR L'ARETE NORD OUEST (AD)
TAILLON
DOIGT DE LA FAUSSE BRECHE (AD-)
Avec Cyril Renailler
Vendredi 04 septembre:
21h30, arrivée tardive à Gavarnie, nous montons au col des Tentes dans la purée de pois nocturne, installation de la tente sous la bruine et au lit en vitesse. La nuit est ponctuée jusqu'assez tard, par l'arrivée d'espagnols qui se croient à la maison. Résultat, nuit bien peu reposante pour moi, Cyril comme d'habitude à peinne allongé s'endort comme une masse.
Samedi 05 septembre:
6h réveil, 7h départ. Nous allons au Gabiétou, mais par quel chemin? Au port de Boucharo, en empruntant le sentier de la brèche de Roland, l'arête ouest (itinéraire 207 du guide Ollivier Cauteret-Vignemale-Gavarnie réédition 1996) est éliminée. Nous partons au pied de la face nord du Taillon, direction la corniche Passet (itinéraire 204) qui s'élève vers le glacier des Gabiétou. Puis, finalement, éliminant la vire et la face nord du Gabiétou (it. 205), nous repartons plein ouest dans le pierrier pour aller à la brèche des Tourettes au pied de l'arête nord ouest (it.206). Là au moins, nous n'avons plus à chercher ou aller : il n'y a plus le choix.

En long ou en large...

Fraîche et rapide montée au dessus d'une mer de nuage somptueuse sous l'éclairage matinal. Nous progressons sur un névé dur ou nous sortons piolets et crampons, puis un bref couloir croulant et une petite dentelure nous dépose à la brèche.

Du grand spectacle ce matin à Gavarnie... L'arête nord ouest du Gabiétou oriental
A gauche du sommet des Tourettes, la brèche et le départ de l'arête

Cyril arrive à la brèche

Encordement. Nous sommes partis avec un seul brin de la corde à double (bien remise du couloir de la Fourche à l'Ossau après son lavage en machine, voir message de la semaine dernière), donc les longueurs ferons 30m maxi aujourd'hui.
9h passées, un départ déversant en mauvais rocher (IV) finit de me réveiller, avant de continuer à m'élever au dessus de la brèche. Le rocher est plus qu'à surveiller. Relais sur friends. Je continue, traversée sur la gauche, rocher toujours aussi peu sûr, j'arrive en bout de corde au milieu d'une dalle. Ni sangle, ni friends, ni coinceurs ne peuvent servir, mais aujourd'hui...comme j'ai prévu de grimper sur le Doigt, et que je ne sais pas s'il y a un relais pour en redescendre, j'ai jeté mon marteau et trois clous dans le sac. Ca tombe bien, les voilà qui trouvent leur utilité plus tôt que prévu. Relais sur deux pitons (moyennement enfoncés histoire de les récupérer). Après, Cyril passe devant, et nous continuons en corde tendue sur un terrain moins raide, plus franc, agrémenté d'armoises laineuses (génépi).

Dans le terrain à génépi

Nous revenons vers l'arête, puis repartons sur la gauche. Je repasse devant, rochers plus raides à nouveau, mais bien plus sains, quelques jolis pas, avant de rejoindre sur le flan oriental une succession de vires.

Sur l'arête

C'est un jeu amusant que de les suivre, elles strient la face, sont peu raides, mais versent légèrement sur la face. Elles sont recouvertes de cailloutis peu sûrs, mais les rochers qui les bordent offrent de bonnes prises. Tantôt en ascendance vers la droite pour revenir vers le fil de l'arête, tantôt en ascendance vers la gauche, nous nous élevons ainsi, quasiment tout le temps en corde tendue.
Cyril dans les vires ascendantes du Gabiétou
Nous rejoignons une brèche, Cyril repart devant, surmonte un joli passage en adhérence, passe une nervure, avant de rejoindre une nouvelle vire à flanc. Je la remonte ensuite, elle aboutit à une brèche dont l'accès est défendu par une petite cheminée déversée. Joli passage.

Dans la partie finale sur l'arête nord ouest du Gabiétou occidental

Au delà, par des rochers faciles et un pas de ci de là, nous parvenons aux anneaux à la cime du Gabiétou oriental (13h). Accolade, puis nous posons les sacs et faisons l'aller-retour au sommet occidental, plus élevé. A 13h30, pause repas avant de descendre brièvement sur le col des Gabiétou (15h). 35 mn de remontée nous déposent au sommet du Taillon. Nous ne nous y arrêtons pas, et 15mn après, nous sommes au pied du Doigt de la Fausse Brèche.

Du Gabiétou occidental, vue sur le sommet oriental et le Taillon

Depuis un jour funeste de juillet 1992, ce n'est jamais sans une certaine émotion que je repasse dans les parages. Ce jour là, fuyant le sommet du Taillon sous un orage aussi soudain que violent, à quelques mètres de nous, un jeune allemand de 18 ans mourrait foudroyé. Johannes Schmidt avec d'autres personnes dont sa mère, son frère et sa soeur, s'était réfugié dans la petite grotte s'ouvrant au pied du versant nord du Doigt. La foudre, en le frappant, avait fait exploser le sommet, avant de suivre probablement une fissure interne dans la roche du monolithe, de traverser la grotte et d'en rejaillir en boule de feu se perdant dans le néant. Quelques instants avant le drame, bien conscient du risque potentiel que représentait cet abri -qui pouvait cependant avoir une allure providentielle dans cette furie -, nous nous étions, avec le groupe de jeunes que nous accompagnions alors, réfugiés un peu plus loin, sous les premiers remparts du pic Bazillac.
Les parents de Johannes Schmidt étaient revenus à Gavarnie pour fêter les 18 ans de leur fils ainé, qu'ils avaient conçus lors d'un séjour sur les lieux. C'est dans ces même lieux qu'ils le perdirent à jamais."La brèche de Roland" avec Mathieu Almaric, le film des frères Larrieu, réalisateurs tarbais, est, paraît-il inspiré de cette histoire. Une plaque commémorative a été scéllée au pied du Doigt, sur la gauche de la grotte. J'avais 21 ans, j'ai mis longtemps avant de revenir au Taillon...

In Memorian Johannes Scmidt
Les chaussons d'escalade sont restés accrochés au sac sur la nord ouest du Gabiétou, je les enfile avant de m'élever dans la cheminée verticale à gauche de la grotte. 25m et quelques friends plus haut, j'arrive au sommet. Petite escalade amusante AD-, rocher médiocre dit le guide Ollivier (it. 214). Mais finalement, le rocher est quand même acceptable (III+). Il y a un relais équipé, mais les sangles me semblent dater un peu, je préfère en passer une en plus autour d'un gros bloc posé sur le replat sommital. Petit tour au sommet, pause photo, puis descente en moulinette.
En 1887, pendant que François Bernat-Salles dormait "philosophiquement" au pied du Doigt, Henri Brulle, Jean Bazillac et Célestin Passet avaient quant à eux employé 3h à en réussir la première ascension, par ce même itinéraire. Après cela Henry Russell s'exclamait avec malice, en désignant son ami Brulle : "Il a monté le Doigt de la Fausse Brèche, il a monté le Doigt de la Fausse Brèche!" (voir Brulle Henri, Ascensions, Sirius 1986, II, p.16).

Au sommet du Doigt, devant le pic Bazillac. Sur la gauche, la cheminée d'ascension.

Cyril part à son tour, mais la corde ne coulisse pas, on bataille pas pendant des heures, finalement je tends la corde, puis il monte avec un noeud de Prussik, récupère la sangle et redescend en rappel sur le relais.

Cyril dans la cheminée du Doigt

17h sonnantes, sacs bouclés, on file au triple galop, passons à la brèche de Roland et au refuge des Sarradets sans nous arrêter. A 18h10, nous sommes revenus au col des Tentes. C'est qu'on est attendu à la grange de Holle pour 19h. Nous arrivons même avant, ça change du we dernier...

mercredi 2 septembre 2009

30-08-2009 PETIT PIC DU MIDI D'OSSAU ARETE DE PEYREGET ET COULOIR DE LA FOURCHE

AU PETIT PIC DU MIDI D'OSSAU
PAR L'ARETE DE PEYREGET (ADinf)
ET
REDESCENTE
PAR LE COULOIR DE LA FOURCHE
(Abo, plus jamais ça!)
Dimanche 30 août 2009 avec Cyril Renailler

Dernière pente de neige déposant en haut de la Grande Raillère
Cyril sort de la rimaye de base
Auto-photo dans la rimaye
Pré-lavage des bonhommes
et de la corde!
Rappel 5, Cyril prends le frais...
Rappel 4, que du bonheur
Rappel 3 dans le couloir
Rappel 2 sous la Fourche
Rappel pour rejoindre la Fourche
Cyril au sommet
Le profil de l'éperon NO de la pointe de France
Ombre de Jean-Pierre au pied de la face nord, lac de Bious-Artigues
Cyril à la sortie des brèves difficultés de l'arête de Peyreget
Lever de soleil sur les sommets de la vallée d'Aspe
Pointes d'Aragon et Jean Santé
Petit et Grand pic du Midi d'Ossau (Jean-Pierre), pointe d'Aragon
Jean, le Grand pic du Midi d'Ossau, au premières lueurs
Pierre, le Petit pic du Midi d'Ossau et l'arête de Peyreget


Nous n'avons pas poursuivis jusqu'à Jean hier, mais nous irons jusqu'à Pierre aujourd'hui.
Dans les familles ossaloises, il était autrefois de tradition de prénommer le premier garçon (l'aïnat, le plus grand), Jean, puis le second, Pierre. C'est de cette coutume ancestrale dont est issue l'appelation que tous les pyrénéistes utilisent pour désigner, avec tout l'attachement et même l'affection qu'ils lui vouent, le pic du Midi d'Ossau: Jean-Pierre.

Levé plus matinal encore qu'hier, car à 17h, Cyril doit être au casino des Eaux-Bonnes pour le démontage de sa belle expo photo.

8h15, 35mn viennent de nous déposer au col de Peyreget mais nous y passons 3/4 d'h à regarder le soleil enflammer l'Ossau.

9h, grimpette sur des pentes herbeuses avant de récupérer l'arête, nous suivons les cairns, qui évitent tous les gendarmes. Finalement, seul un petit passage sur la fin dans une cheminée nécessite un peu d'attention (III), ainsi que les quelques dizaines de mètres qui suivent. Au dessus, terrasse avec carrément un spit pour assurer (il est vraiment en trop celui-là, faut l'virer).

11h15, nous voilà assis au sommet de Pierre, nous passons là un bon moment à regarder ceux qui arrivent sur Jean, ou qui s'engagent dans la traversée.
11h45, on repart, cheminée, puis rappel pour rejoindre la Fourche. Quelques pieds de renoncule des glaciers et de génépi avant d'y parvenir.
J'avais un souvenir de 10 ans du couloir de la Fourche. Je l'avais gravit alors en hiver, seul, faisant l'aller retour au petit Pic...et mon souvenir n'était pas marqué de difficulté particulière.

Entre relais perchés à 15m sur des murs lisses, entre la pieraille, le névé en bas (20 m d'épaisseur) -une fois dessus, une fois dessous -, la rimaye, la caillasse ne demandant qu'à descendre plus bas, l'eau, les rappels déversant, et tout le reste, il est 16h30 lorsque nous nous arêtons pour manger au pied du couloir, 350m plus bas, enfin à l'ombre sur une terasse herbeuse.

Nous, autant que nos sacs, habits, la pauvre corde, bref bonhommes et matériels sont dans un état de saleté pitoyable. Bien imbibés de terre et d'eau.

Descente de la Grande Raillère au galop-dérapé, canette au refuge, mais ça s'fait pas en été ça! me dit Karine, pliage du bivouac, 45mn du refuge à la voiture, brin de toilette, arrivée aux Eaux-Bonnes à 19h20.
Pour ceux qui ne sont pas convaincus que la physionomie de la montagne pyrénéenne change radicalement entre hiver et été, faites (ou plutôt ne faites pas) comme moi : le couloir de la Fourche en hiver (PD+, belle pente de neige uniforme, assez large, avec un court ressaut à 50°, même les surfeurs le montent pour le redescendre en planche), et descendez le en été (j'insiste, faut pas le faire, c'est dangereux).
On a eu Pierre? Il nous a bien eu lui aussi.
Résultat, lavage intégral de la corde - et du reste - en rentrant sous la douche...froide.