28 octobre 2016 : Neige d'automne sur le Vignemale vu du Néouvielle


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dimanche 18 avril 2010

16-17-18/04/2010 - Trois jours à ski au Balaïtous

16, 17 et 18 avril 2010
Trois jours en ski au Balaïtous
Avec Cyril Renailler.
Le refuge Ledormeur - Le Balaïtous par la cheminée de Las Néous - Un peu d'histoire - Le col du Pabat.
Vendredi 16 avril:
Beau temps annoncé, Cyril n'ayant jamais réalisé l'hivernale classique par las Néous du Balaïtous, notre destination est vite trouvée. Après un pique-nique sur les rives du barrage du Tech, nous voilà rendu au parking de la Maison du Parc, terminus de la route.
Direction le refuge Ledormeur.
C'est par là...

Cyril sur le sentier du port de la Peyre Saint-Martin

Nous quittons bientôt le sentier du port, effrayons quelques isards avant de chausser les skis
pour la dernière grimpette...

En ski sous la Picasse de Labassa

Avant de parvenir au refuge Ledormeur (1h40)...

Le charmant refuge Ledormeur
La bâtisse porte le nom de celui qui en fut le promotteur et l'architecte, le célèbre Marchoucreve. Entre Georges Ledormeur et le Balaïtous, ce fut une longue complicité, l'homme gravissant sa montagne de prédilection dans sa 80ème année, et appelant son domicile tarbais "Balaïtous". Le refuge, propriété du CAF de Tarbes qui l'a dernièrement admirablement toiletté, a été inauguré en 1926.

Plaque du refuge Ledormeur.

Après une fin d'après midi à bronzer sur la terasse, repas, un renard se promène alègrement en montant vers la Pacca, et au lit à 20h30. Le réveil est
mis à 2h30 pour essayer de profiter du lever de soleil au sommet.
Dans la soirée un couple de palois vient discrètement s'installer.

Montée au départ du refuge Ledormeur pour rejoindre le glacier de Las Néous.
(la photo na pas été faite à 3h du matin).
La cheminée de Las Néous: un peu d'histoire.

La première ascension du Balaïtous par la cheminée de Las Néous semble bien revenir au célèbre guide ossalois Jacques orteig en 1865. Russell, qui en fit la seconde le 15/06/1870 (avec Poulou Salettes et Basile Gaspard) avait admis cette ascension d'Orteig "par l'est" avant d'en douter franchement. Néammoins, en 1906, Orteig a confirmé par lettre au célèbre pyrénéiste son ascension. Henry Russell aurait souhaité aménager une grotte au sommet du glacier de Las Néous...
Nombreux sont les visiteurs célèbres à avoir emprunté cet itinéraire:
Maurice B. Byles en 1871 avec Jacques Orteig, Edouard Wallon et son fils en 1872, avec Basile Gaspard, Jean Lacoste (Wallon trouvait encore au sommet les piquets de tente abandonnés en 1825 par les géodésiens Peytier et Hossard, et en emportait un). En 1872, une ascension restée dans les annales est celle du pianiste Antoine Marmontel avec Sarrettes. Il se cassa le nez à la descente.
En 08/1874, c'est Henry Cordier, le neveu du célèbre Cordier de la Maladeta, qui y parvient avec le guide Jean Lacoste. En 09/1876, Roger de Monts se présente au pied de la cheminée avec un chasseur de Gripp. Avec comme seul équipement la crosse de son fusil, le célèbre pyrénéiste gersois préfère ne pas se risquer dans la cheminée. Il reviendra...
Jean Bazillac et Henri Brulle y viennent avec Sarrettes et Pierre Bordenave en août 1878. Auguste de Saxe-Cobourg-Gotha et P. de Joinville le 14/07/1880, Passement, Rousseau, Estoup, Michel Glère le 27/07/1880.
A cette date, nous dit Georges Cadier, seul une douzaine d'ascension par Las Néous avaient eu lieu. L'itinéraire devient cependant assez classique ... l'été, et même sert d'itinéraire de descente, notamment en 1873, lors de la première ascension nocturne du Balaïtous réalisée (par l'arête Packe-Russell) par Charles Cadier avec Doassans, Fezanz, Domerschicoff sous la conduite de l'inévitable Jacques Orteig (avec son chien et un autre guide). Toutefois, la rimaye peut présenter un obstacle redoutable, voire infranchissable. Et se montrer prête à recevoir celui qui chuterait à la descente, en ouvrant sa gueule béante.
Quelques autres ascension notables:
Swan en 1886 avec sa soeur et son cousin, guidés par Pierre Bordenave et Henri Passet.
Swan y revient en 1891, Rayssé également avec Bretenaiche et un guide cette année là.
Rayssé y revint, avec un groupe, pour une ascension nocturne en 1896.
Georges Forsans en 1898 avec Joseph Trelaün (dit Bascou) et François Mousquiès-Tisnès
Georges Ledormeur, en 1905, à deux reprises, une fois avec Paimparey, l'autre avec Dencausse.
Les frères Cadier bien sûr, en 1905...ainsi que Louis Robach.
Maurice et son frère Charles Heïd en 1906, P. Arné en 1913.
En 1934, c'est le guide Louis Batan qui y conduit sa délicieuse cliente, miss V. Muspratt
Etc, etc, etc...
Hivernales par Las Néous:
En janvier 1881, Roger de Monts, déjà venu visiter les lieux en chassant, parvient au sommet du Balaïtous avec Célestin Passet et Lons. Il est le premier pyrénéiste à parvenir au sommet du Balaïtous en hiver.
En ski, il semble que ce soit Louis Falisse qui ait été le premier à monter avec des planches jusqu'à la cheminée en mai 1909. Il était avec Louis Sallenave.
L'itinéraire par le glacier et la cheminée de Las Néous s'impose comme la voie d'hiver, relativement commode, pour parvenir au sommet du géant pyrénéen en hiver.
.......
Samedi 17 avril:

3h15, skis au pied, c'est parti. 0°c, neige béton, couteaux sous les spatules. 5h30, vue plongeante sur l'éclairage nocturne de l'aglomération tarbaise, 6h30 nous voilà au pied de la cheminée. Le temps de s'encorder, et je m'engage dans l'étroit goulet de base, lequel est carrément en glace. Chouette!

Et par dessus ça, en plus il y a même un relais équipé au dessus. Les temps changent, lors de mes deux premières visites en ces lieux (12/04/2001 en raquettes, 03/05/2003 en ski), il n'y avait rien en place dans cette cheminée, montée et descente sans corde, comme les anciens l'ont toujours fait.

J'arrive au relais, et voilà pas qu'il me prend un des ces étourdissements dont je n'ai pas l'habitude, et je vois même le moment ou je vais tomber dans les vappes. J'ancre les piolets au cas où, finalement ça passe, je finis par me vacher et faire monter Cyril. Montés sans s'arrêter, sans boire (faut dire que ma gourde, mise dans la poche à peaux de phoque extérieure de mon sac, laquelle est bien trouée depuis belle lurette par les lames des piolets, s'est payé vers 5h30 une petite descente nocturne du glacier), ni même avaler une quoi que ce soit, ça ressemble bien à une petite crise du sucre. J'avale en vitesse les 2 barres chocolatés qui se battent en duel dans le sac. Du coup, je suis pas mécontent que Cyril ai voulu prendre un bout de corde, et je le laisse passer devant désormais.
Avec tout ça, c'est raté pour le lever de soleil, et vu le précédent, au lieu de monter en tendu, Cyril préfère assurer en prenant tous les relais. On finit quand même en tendu, et pour finir, Cyril se paie un petit franchissement de corniche pour sortir (ça me rappelle un certain couloir Jean-Arlaud du coté des Posets).

Lever de soleil sur le Cap Peytier-Hossard

Cyril me rejoint au relais après le goulet de départ.

Sommet, 8h30.
Le spectacle est tout simplement grandiose.

Aiguille Cadier et Frondella orientale (premier plan en contrebas) et vue sur le massif d'Enfer-Garmo Negro

Le mercure sort du sac à -6,5°c, 5 mn après il est à -10°. Mais comme il n'y a pas de vent, que le soleil nous innonde généreusement, la sensation de froid n'est pas très vive.
Vue sur les massifs de Tendenera, Telara...
Vignemale, seigneur des Pyrénees, écrasant la pyramide de la Fache et cachant la partie orientale du massif calcaire.
Cyril au sommet.

Le Balaïtous est le seul 3000 pyrénéen à être doté de deux signaux géodésiques.
La borne bétonnée classique (comme au Mont-Perdu ou au Vignemale...)
et le tryptique métallique (comme à Troumouse).
Bon, à partir de cette instant, l'appareil numérique ayant certainement plus de mal à supporter le froid, impossible de l'utiliser.
Faudra attendre les diapos ... ou celles de Cyril...au retour des vacances.
Nous restons 1h30 au sommet, avant de redescendre par la cheminée sur le coup de 10h.
12h, bonne pause contre les rochers à droite de la cheminée Falisse. Nous profitons longuement du soleil, la circulation des cordées qui commencent à arriver à cette heure, se fait plus intense.
S'ensuit le retour au refuge en redescendant le glacier dans une neige absolument parfaite, de rêve même. Bronzette devant le refuge
Au soir, coucher après la soirée passée avec un couple d'espagnols bien sympathique.
Dimanche 18 avril :
Réveil à 4h30, nous souhaitons juste aller voir le glacier du Pabat. Lorsque depuis la pleine (tarbaise par exemple), Marmuré daigne se montrer, c'est ce glacier que l'on aperçoit alors. Il est fermé par une barre rocheuse surmonté d'une large vire ascendante vers le sommet: c'est le boulevard Packe.
5h11, nous reprenons le chemin du Balaïtous, et sous le cap Peytier-Hossard, nous traversons jusqu'au col du Pabat.
Nous tirons un peu plus au nord est, pour gagner la brèche avant le Sintesnère, puis revenons au col du Pabat en traversant à flanc. Le lac des Tuts est invisible.
Parvenu au col, quelle impression fait d'ici le Cap Peytier-Hossard. Il ne porte jamais si bien son nom que vu de d'ici.
Cyril à une idée lumineuse: on redescend par le Larribet, on la connaît pas la descente par là qu'il me dit. Chouette, et les affaires au refuge Ledormeur? Je remonte les chercher qu'il me dit! Sûr? OUIIIIIII! C'est partiiiii!
Quasiment d'une traite, nous descendons jusqu'au Larribet dans une neige de dingue.
Juste quelques barres à éviter peu avant d'y parvenir. Petit schuss pour remonter sur le promontoire du refuge, brêve visite des lieux, puis nous continuons jusqu'au plateau avant la Claou. Ski sur les sacs désormais, rencontre avec deux pêcheurs qui nous font admirer une superbe fario de 35cm, puis descente à pied jusqu'à Doumblas.
Peu avant d'arriver à la toue, nous débusquons un isard qui bondit joliment dans les massifs de rhododendron. Cyril vide son sac de tout son contenu, et le voilà qui repart à vide pour remonter au Ledormeur. Moi je récupère tout le sien (skis, crampons et autres bricoles en double), range tout cela dans mon sac, passe devant la toue et vais l'attendre à Suyen.
Comme Cyril a gravit dans la semaine Vignemale et Aneto, il est en canne, il lui faut 35mn pour rejoindre le refuge, il récupère popotte et sac de couchage, à 12h15 nous sommes revenus au parking.