28 octobre 2016 : Neige d'automne sur le Vignemale vu du Néouvielle


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lundi 30 août 2010

20-08-2010 Alharisès central, arête est

Dimanche 20 août 2010
Arête est de l'Alharisès central

Avec Javi Garcia Arcos et Ollivier Calbéra

Hier soir, l'ami Javi nous à rejoint depuis Saragosse. Hésitation entre la face sud du pic des Trois-Conseillers, son arête Ferbos, ou l'arête est de l'Alharisès central...qui l'emporte finalement, vu qu'on s'est couché tard, qu'il est déjà 8h30 au parking de Cap-de-Long...
Je la gagne à vue depuis les cafés, juste après un premier ressaut raide.

Pendant qu'on fait la pause sur l'arête encore à vache, un gypaète barbu vient nous gratifier de 3 cercles juste devant nous. Il est tellement près que je distingue le cercle d'or dans ses yeux! Le rapace est énorme, presque 3m d'envergure. Quel spectacle...
Ollivier en tête à tête avec le gypaète barbu

On finit par s'encorder devant un premier ressaut. Après quoi, c'est une véritable partie de plaisir jusqu'au sommet. Sur un excellent rocher parfait pour les friends, gendarmes, passages effilés, rappel (un de 13m, équipé), dalles, frontons et ressauts redréssés, fissures, se succèdent dans une difficulté de III à IV avec options plus compliquées au choix (V). Tout y est, et les dernières longueurs, sur une roche un peu licheneuse, sont vraiment de toute beauté.

Le cadre des Alharisès n'étant plus à vanter, avec ses aperçus si beaux sur les grands lacs, que demander de plus? Voilà tant d'année que je la regardais depuis le parking, mais quel dommage de ne pas être venu la découvrir plus tôt. Je sens que je vais y revenir souvent.

Quelques photos...

Javi attaque dans la joie...Passage effilé pour jeu d'équitation

Fissures à friends...Ollivier dans le rappel de l'arête

Ollivier dans les dallesUn autre ressaut

Un peu plus haut sur le même ressaut

Dans les dernières longueurs sous le sommet

Repas au sommet puis...

Javi au sommet de l'Alharisès central toujours aussi joyeux.
Vue sur le pic Méchant

... puis on rejoint la brèche avant le Cylindre d'Estaragne, un rappel de 50m (dont nous renforçons le relais) nous dépose dans les éboulis, puis on recoupe l'arête au point de départ de ce matin avant de redescendre à Cap-de-Long.

Rappel pour rejoindre les éboulis
Finalement on reste à Cap-de-Long pour manger les délicieuses frites du Refuge que nous prépare Philippe.
A table au Refuge avec Javi et Ollivier (photo P. Gil).

Une excellente dernière journée de vacances...

19-08-2010 Du Turon de Néouvielle (voie en Z) au Néouvielle par l'arête des Trois-Conseillers

Samedi 19 août 2010
Turon de Néouvielle par voie en Z - Arête jusqu'au pic des Trois-Conseillers - Néouvielle par l'arête des Trois-Conseillers - Descente par le vallon du Ramougn - Pas du Gat - Cap de Long

Avec Ollivier Calbéra

Ollivier veut gravir l'arête des Trois-Conseillers. Nous y voilà donc partis, de bon matin à la frontale. Olivier, toujours occuper à s'entraîner pour le trail du Mont-Blanc, veut tout porter en plus de 4,5l d'eau. Déconcertant.
On contourne le pied de la Ferbos et on s'élève par la voie en Z du Turon. Pause, puis on parcours l'amusante arête jusqu'au pic des Trois-Conseillers d'ou nous rejoignons la brèche de Néouvielle pour remonter au pic. Une cordée espagnole nous suit depuis ce matin, trouvant que c'est un bon moyen d'éviter (mais est-ce vraiment un problème à la montée?) de passer par la vire Batan.

Grimpette matinale dans la voie en Z du Turon de Néouvielle.
Vue classique sur la massif du pic Long, Bugarret, Crabounouse, lac Tourrat sur fond de massif calcaire depuis le Turon de Néouvielle

L'arête a été gravie dès le 23/07/1873 par Hubert Durand avec Clément Sarraitz, soit 18 ans avant que Brulle et Roger de Monts n'y viennent avec François Bernat-Salles et Célestin Passet, auxquels est généralement attribué le premier parcours. Encore que Durand raconte que des chasseurs l'avaient suivie avant lui...
Attaque de l'arête en tendu à 30m, Ollivier suit tout en réclamant vainement des relais, avec les espagnols derrière lui.

Ollivier dans la première partie de l'arête
On double une cordée qui s'amuse à progresser sur les flancs de l'arête plutôt que sur le fil avant d'arriver au dièdre enlevé en pause-photo.

Dans le dièdre de l'arête des Trois-Conseillers

J'y met un friend qu'Ollivier n'arrive pas à récupérer, d'autant que je n'ai pas réussit à remettre la main sur mon décoinceur en jetant deux friends dans le sac ce matin. Les espagnols le récupéreront avec le leur (en sus des brins de génépi oubliés à la brèche!).

Après la partie peu redréssée de l'arête, passage sous la Proue de Navire et escalade du mur terminal toujours aussi exquis.
Actuellement, on trouve sur l'arête: 4 friends coincés (2 commencent à subir les outrages du temps, les sangles sont remplacées par de la cordelette), 1 piton dans le dièdre.

Ollivier fait connaissance avec les sculptures du mur terminal
3091m, sommet du pic d'Aubert (pour la 19ème fois, 5ème par l'arête des Trois-Conseillers), foule, bruit, repas, patins, couffins... La cordée espagnole nous rejoint, d'ailleurs on se croirait en Espagne aujourd'hui sur ce pic tellement les montagnards ibériques sont légions. Cependant, le Néouvielle a ses habitués français aujourd'hui : pendant qu'on mange, un monsieur, arrivant à son tour au sommet, me dis que j'étais là le 13 août 2009, et que lui aussi! Je ne me souviens pas de son visage, mais en consultant mon carnet en redescendant, il a raison (voir archives de ce blog).
Au sommet du Néouvielle avec Ollivier
Un petit 360° au sommet du Néouvielle :

video

Contrairement aux espagnols qui quittent le sommet avant nous, j'ai pas spécialement envie de monter au Ramougn, il fait bien trop chaud à mon goût. Cependant, je n'ai non plus envie de descendre par la voie normale, on récupère, en descendant dans la barre sous le sommet (cairns) le vallon du Ramougn et ses névés sous la brèche homonyme, et bientôt la cordée espagnole.

Descente en glissades du vallon à la recherche de la renoncule des glaciers (que je ne trouve d'ailleurs pas cette année) jusqu'à auteur d'un laquet, passage de l'arête de Barris par une brèche amusante, puis traversée à flanc jusqu'au pas du Gat et retour aux cafés de Cap-de-Long pour un verre avec la cordée espagnole.

Encore une très bonne journée.

18-08-2010 Mon bistrot préféré (III) et arête de la Pique des Alharisès


Vendredi 18 août 2010

Mon bistrot préféré (3ème édition) et arête de la Pique des Alharisès

Avec Ollivier Calbéra
Ollivier est revenu hier soir (avec la voiture) et nous voilà partis pour une mise en jambe. Comme il n'a pas trop l'habitude de grimper, je commence par le Bistrot préféré au parking de Cap-de-Long. Expédié au triple galop en zappant pas mal de points.
O^llivier dans Mon bistrot préféré
Au dessus, quelques pelouses nous mènent au pied de la Pique des Alharisès, avec laquelle Ollivier ne tarde pas à faire connaissance. Nous l'escaladons en passant par son célèbre Pas de l'Aveugle...
Ollivier au dessus du ressaut de base de l'arête de la Pique
Ollivier au sortir de l'arête de la Pique

On se décorde avant de gagner le sommet.

A la descente, trouvaille d'un peu de sélagine, puis retour aux bistrots de Cap-de-Long.

Un joli pied de lycopode-sélagine pour finir la journée

mercredi 18 août 2010

17-08-2010 Brèche Chausenque

Mardi 17 août 2010
Brèche Chausenque

Avec Sylvie Althaparo et Caroline Ducrest

Toujours aussi tardivement nous partons pour le Néouvielle par sa voie normale. Comme d'habitude je récupére un paquet de gens qui allaient au Néouvielle via le pas du Gat ou mieux, en attaquant l'arête de Barris d'Aubert...

La brèche Chausenque (anciennement des Tourettes), baptisée ainsi par Russell en l'honneur du premier vainqueur du Néouvielle, qui l'emprunta pour gagner le sommet le 10 juillet 1847.

Arrivé à la petite cascade d'eau au début du vallon des Vielles neiges, Sylvie se rend compte quelle a laissé son appareil photo plus bas, mais ne se souvient plus de l'endroit. Après presque 1h30 de recherches, le voilà retrouvé, il est 11h et nous n'avons pas avancé.

Il fait bien trop chaud, et devant la cohue passée devant nous, je renonce au sommet et emmène les filles à la brèche Chausenque. Nous y mangeons et bronzons longuement avant de repartir. Pendant qu'un espagnol force son gamin à monter (le pauvre passe son temps à brailler et pleurer devant les injonctions paternelles), Sylvie va s'installer en toute zénitude en haut d'un petit piton très photogénique légèrement en contrebas versant Aubert, tandis que Caroline reprend ses reflexes de danseuse.

Caroline dancing in the wind à la brèche...

Sylvie zen's a(l)titude

A la descente on croise l'ami Ollivier Calbéra en short et basket, qui, parti du pont de la Gaubie, est monté au Néouvielle en courant histoire de s'entraîner pour le prochain trail du Mont-Blanc (170km et 10.000m de dénivellé, environ 20h pour le vainqueur, plaisanterie).

En passant sous le barrage, la chasse (involontaire) à la marmotte est couronnée de succès...

Marmotte hunting...


video
Puis retour à Fabian tandis qu'Olivier rentre au petit trot à la Gaubie...

dimanche 15 août 2010

13/14-08-2010 Munia par Barrosa et arête de Troumouse aller-retour

Vendredi 13 et samedi 14 août 2010
Avec Cyril Renailler
Nous voilà de nouveau partis avec Cyril qui doit gravir les satellites de la Munia pour compléter les 3000.

Vendredi 13 août:
Nous montons par la vallée de Barrosa (que nous ne connaissons qu'en hiver par ses cascades, Océano pacifico entre autre) jusqu'au refuge avant d'entamer la raide grimpette en direction du col de la Robinera sous lequel nous installons notre bivouac (2600m. env).
Refuge de Barrosa
Samedi 14 août:
Réveil bien matinal, on monte de nuit directement sous le col de la Robinera, puis par des névés histoire d'éviter les pieirriers vers la Munia, par la voie du couloir sud inaugurée par les cinq frères Cadier le 16 août 1902. Je l'ai déjà suivie 2 fois, mais à la descente. Au petit jour, nous sommes au pied.

Cyril dans la voie Cadier du couloir sud de la Munia

Début de journée radieux pour la Robinera Sitôt l'arête rejoint, le spectacle est tout simplement fabuleux. Mer de nuage juste sous l'arête sur le versant français, seuls le Vignemale et le Mont-Perdu émergent dans la lumière du soleil levant.

En arrivant sur la crête frontière Nous sommes rapidement au sommet...

Cyril Renailler, petit matin au sommet de la Munia

Altitude 3133m...

...et filons à toute crête à la petite Munia, puis au col Paget-Chapelle.

A partir de là, le phénomène du spectre de Brocken (vient du mont Brocken, sommet de la Saxe prussienne de 1142m, ou il fut observé en premier) embellit la journée. Notre ombre, projetée par le soleil d'Espagne, s'allonge démesurément sur la ouate à nos pieds. Curieux phénomène d'optique, par moment, alors que nous somme à cotés et que nos ombres se projettent ensemble, je vois la mienne mais pas celle de Cyril et réciproquement.

Au milieu du cliché dans le halo lumineux, nos ombres qui se projettent face au Mont-Perdu My Brocken's spectre

Nous remontons au pic de Sère-Mourène. Descente du ressaut en rappel...

Smoking rappel au Sère-Mourène et no smoking rappel au même endroit pour Cyril

...puis aller retour par le pic de Troumouse jusqu'au pic Maurice Heïd en jouant à cache-cache entre nuages (qui l'emportent) et ciel bleu lumineux.

Au retour, la corde laissée en place au rappel de Sère-Mourène est carrément givrée. Nous y remontons avant de revenir à la Munia. Il fait assez frais, contrairement à Cyril j'ai oublié mes gants, une paire de chausettes au fond du sac fera l'affaire...

Descente par la voie Cadier, impossible de retrouver nos 4 batons abandonnés au pied des névés en montant (?! et ce n'est pas faute de chercher), retour au bivouac, pliage, et redescente de la vallée de Barrosa.

Hors sentier, farfouillant dans les prairies suspendues, après avoir dérangé quelques isards en patûre, j'ai la chance de rencontrer une rareté botanique que je cherchais depuis longtemps: un iris des Pyrénées albinos.

Pas mécontent de ma trouvaille

Iris des Pyrénées albinos (cliché avec filtre polarisant)

14h, voiture. Encore une journée qui donnerait aux saints la nostalgie de la terre comme l'écrivait Russell.

10-08-2010 Pic de Madamète

10 août 2010
Pic de Madamète
Avec Sylvie Althaparo, Caroline Caroline Ducrest
Départ tardif (ah ces filles!), donc pas le temps de visiter les laquettes à pied, mais, horreur et damnation, le bus payant d'Orédon à Aubert. 11h et des brouettes, le chauffeur du bus nous dit qu'on ne sera jamais à l'heure (!), direction le gourg de Rabas, petit bonjour aux euproctes en passant, et aux aménagements pour la sauvegarde du crapaud accoucheur...

Gourg de Rabas, col de Madamète
et retrouvailles à 12h15 au sommet du Madaméte (on est même en avance) avec les amis de Sylvie qui sont montés par Escoubous. Ils louent du coté de Luz, et pour se retrouver, c'est mieux en montagne que de prendre la voiture et de franchier Aspin et Tourmalet. Le pic de Madamète est le rdv tout trouvé. A table...

Lecture acharnée d'un guide. Mais le Madamète n'est pas à 3000...


Un peu de pub...

Caroline se souvient qu'elle est danseuse baroque professionnelle!



Ce qui n'est pas mon cas...


Un petit 360° au sommet avant de repartir...

video

09-08-2010 Mon bistrot préféré (II) au parking de Cap-de-Long

Lundi 9 août 2010
Parking de Cap-de-Long, voie Mon bistrot préféré (2ème édition)
Avec Sylvie Althaparo
Comme l'autre jour, le menu est bien arrosé! Attaque tardive (15h), et je finis la 5ème et dernière longueur au triple galop, avant que la pluie ne détrempe complétement le rocher.
Une simple vidéo pour résumer la journée

video

Au Garlitz je récupère la cordelette descendue l'autre jour et un menu "Edition 2010" pour le remettre en place.

06/07/08-08-2010 Les arêtes du Posets


Du vendredi 06 au dimanche 08 août 2010:

Tournée générale des arêtes du Posets avec Cyril Renailler

(auteur des photos ou l'on me voit)
Vendredi 06: Espigantosa, Forcau, col de Grist, Forqueta, lac de Llardaneta, bivouac sous la Dent de Llardana (2900m env.)

Samedi 07: arête d'Espadas, Posets, arête NE à la descente, col de La Paul, arête de La Paul A-R, bivouac sous le col de La Paul (2950m env.)

Dimanche 08: col Noir, arête Véterans-Jumeaux, col de La Paul, arête NE du Posets, Dent de Llardana, Forcau, Espigantosa

Vendredi 6 août:

Nous avons planté la veille notre tente sur la parking d'Espigantosa, non sans avoir rendu visite et dîner avec mes amis espagnols de Saragosse en séjours à Bénasque.Comme on est sur place, le réveil n'est pas très matinal, et sacs bien chargés, nous commençons la grimpette vers le Forcau, avant de poursuivre sur la voie normale du Posets. Nous nous arrêtons manger sous la rue Royale, avant de monter jusqu'au lac de Llardaneta.Nous allégeons les sacs, visitons l'amont du lac ou ses eaux se perdent (ce mystère avait bien questionné Raymond d'Espouy) avant de monter au col d'Eristé (ou de Grist). Juste avant d'y parvenir, des isards venus du versant de Viados nous y précédent et s'enfuient en nous apercevant vers la Forqueta. Nous leur emboitons le pas, puisque c'est justement là que nous allons!

Vue sur l'arête d'Espadas et le Posets depuis la Forqueta
Vaincu par Louis Le Bondidier en 1905, ce sommet est un fier "petit" 3000 du massif des Posets. Son ascension, par l'arête qui s'élève depuis le col d'Eristé, est assez facile. Cependant, il délivre un panorama splendide.

Gros plan sur le dauphin des Pyrénées

Lors de ma dernière visite, du sommet, j'avais assisté au levé de soleil, avant d'aller gravir l'arête d'Espadas par les pitons dominant le col d'Eristé et de poursuivre par la brèche Carrive jusqu'au pics des Jumeaux puis à celui des Vétérans avant de regagner Viados en descendant directement le vallon sous le col Noir. A cette période, je refaisais ces itinéraires pour préparer mon topo-guide sur les 3000.

Cyril sur la pointe sud-est de la Forqueta

Cyril, qui m'avait tant accompagné pour refaire nombre des 44 itinéraires présentés, en termine bientôt lui aussi avec les 3000. Plus que quelques-uns, alors maintenant, c'est moi qui l'accompagne vers les derniers sommets qui lui restent à gravir. Hormis le Posets, les pics d'Eristé et la Bardamina, il lui reste à gravir tous les autres sommets du massif. Alors, on a pensé un petit itinéraire pour les enchaîner en 3 jours. Nous voici donc au sommet du premier prévu au programme. Cyril passe par l'antécime sud-est pendant que je gagne directement le sommet principal sur lequel il me rejoint bientôt. Il y a du génépi partout.

Vue sur la massif de la Maladeta ...

et sur les pics d'Eristé sur fond de Cotiella.

Nous quittons bientôt le sommet pour revenir au lac de Llardaneta, dans lequel nous voyons moucher une magnifique fario aux mensurations fort respectables. Il y a bien longtemps que j'avais envie de visiter la vaste zone qui s'étend entre l'aplomb de la dent de Llardana et les parois qui plongent depuis l'arête d'Espadas. Nous rechargeons les sacs et repartons vers l'aval du lac, passons un torrent bouillonnant et nous élevons à nouveau sur un vague éperon herbeux pour contourner des barres. Au dessus, après un goulet enneigé qui en défend l'accès, nous parvenons à l'entrée d'un immense plateau désertique de pieiraille, parcouru par le torrent et dominé par la paroi de la dent de Llardana. Après l'avoir visité, nous revenons sur nos pas, pour installer notre bivouac juste en aval du goulet. La vue nous y semble plus intéressante. Et quel spectacle en effet nous réservera la soirée ...

Le plateau désertique sous l'arête d'Espadas et la dent de Llardana

Vue sur l'aiguille du Forcau

Fin de journée vers le lac de Llardaneta

Pause photo en soirée, dans un cadre enchanteur

...puis le levé de soleil:

Samedi 07 août:
Réveil matinal ce matin pour une délicieuse séance photo pendant que le thé infuse.

La même que la précédente, dans la lumière du petit matin cette fois-ci. Aube sur le lac de Llardaneta et la Forqueta

Après avoir plié le bivouac, nous partons ce matin pour le Posets par la classique arête d'Espadas. Retour sur le plateau de rocaille, petite mise en jambe pour jeter un coup d'oeil sur un laquet proche, vision matinale et amusante d'isards tous proches fuyant sur la neige...

video

... avant de monter roide, par des pentes délitées, au col des Pavots garni de neige. Au delà, une brève grimpette nous dépose au tucon Royo, aussi appelé pic des Pavots, que Russell fut le premier à atteindre avec André Subra et Firmin Barrau, le 22 juin 1885. Si un jour il faut comprendre pourquoi le Posets est un véritable poème géologique, c'est ici qu'il faut venir pour appréhender cela. Le nom du col et du sommet ne sont pas anodins, et depuis le pic, c'est une succession de bandes de roches variés qui égayent le regard jusqu'au Posets. Cela commence en rouge et noir sur le col, pour se poursuivre dans des teintes ocres, brunes...

L'arête d'Espadas vue depuis le pic Royo

Nous quittons ce premier sommet et commençons à remonter le long de la belle échine que forme l'arête. Le 2 juillet 1914, Henri Brulle et son fils Roger, Motas d'Estreux et Germain Castagné en avaient effectué le premier parcours.

En route sur l'arête d'Espadas
Détails de l'arête d'Espadas

Quelques ressauts nous opposent de brèves difficultés (III max) ... Cyril en finit avec un des ressaut de l'arête

... avant de gagner la cime du pic d'Espadas, que Jean-Marie Sansuc, Louis Le Bondidier, Charles Carrère et Louis Camboué avaient été les premiers à vaincre le 10 août 1905, en venant du futur col Jean Arlaud. Au sommet du pic d'Espadas

Nous poursuivons ensuite vers les autres sommets qui nous séparent du col Jean Arlaud. Il faut d'abord redescendre, avant un passage sans difficulté, absolument plat, mais spectaculaire:
video

Ensuite, il faut faire les montagnes russes sur quelques sommets secondaires avant de parvenir au col Jean Arlaud. La dernière fois que nous étions venus ici, c'était après avoir gravit le couloir homonyme. Les aiguilles qui dominent le col, immortalisées par Louis Le Bondidier et dont j'avais raconté l'histoire (voir archives de ce blog, juin 2009 et Revue Pyrénéenne d'Octobre 2009 pp.8-11) m'attirent irrésistiblement, et je ne peux m'empêcher d'aller faire quelques acrobaties sous l'objectif de Cyril:

Amusement sur les aiguilles sentinelles du col Jean Arlaud
Trêve de plaisanterie, "on est pas d'ici", il faut remonter dans la pieiraille jusqu'au sommet du Posets, sur lequel nous parvenons bientôt.

Gros plan sur les Gourgs-Blancs, le pic Jean-Arlaud et les pics de Clarabide et de Gias

Même si le panorama bien connu du sommet reste toujours aussi beau, il y a trop de monde, et nous partons bientôt vers l'antécime nord avant de descendre par l'arête nord-est. Il faut d'abord, en suivant les cairns, descendre dans la face est qui domine le glacier de Posets, dans un terrain particulièrement délité, avant de rejoindre l'arête au niveau d'une brèche caractéristique.

Les glaciers de Posets (à gauche) et de La Paul encadrant l'arête nord-est du Posets (vus du pic de La Paul)

Heureusement que je connais l'itinéraire que j'avais suivi à la montée il y a quelques années. Trouvant d'ailleurs cette arête comme une voie normale bien plus intéressante que la rue Royale. Ensuite il faut désescalader l'arête (II), sur un rocher allant en s'améliorant à mesure de la descente, jusqu'au col de La Paul, ou nous nous arêtons manger.

Le programme de la journée n'est pas tout à fait terminé, il faut aller chercher le pic de La Paul, dernier 3000 vierge de la chaîne conquis le 26/07/1927 par Arlaud et ses compagnons. Sitôt les estomacs calés, nous l'éxécutons par un aller-retour express en passant par le pic inférieur. Petite escalade attrayante (II+) sur un excellent rocher.

Pics de La Paul et Bardamina vus du Posets

Ensuite, il faut penser à un lieu de bivouac et à trouver de l'eau. En descendant sur le glacier de La Paul, une bonne centaine de mètres sous le col, voilà qui est bientôt fait. En plus, il y a de bons replats pour s'installer. Il est 15h30, Cyril prend même le temps de se construire un muret de protection, et nous voilà instalés pour la fin d'après midi. Il fait bon, et du coup nous ne montons même pas la tente. Ce sera une nuit à la belle étoile. 21h, on se met dans les duvets.

Dimanche 8 août 2010:

Posets nord, brèche Carrive, pics des Jumeaux et des Vétérans, vus du pic de La Paul

Pas la moindre difficulté aujourd'hui, mais de la distance à parcourir. 6h, sur des névés durs, nous descendons de nuit une bonne partie du vallon de La Paul, jusqu'à bifurquer vers un collet herbeux bien marqué puis en direction d'un col vers lequel nous remontons. Nous y parvenons par un terrain décomposé trés raide, et nous découvrons en contrebas les lacs qui dorment sous le col Noir, que nous devons rejoindre. Brève descente, passage près du lac, et remontée au col avec le jour qui se lève. Ici, s'amorce l'arête vers le pic des Vétérans.

Départ sur l'arête du pic des Vétérans
Nous la gravissons jusqu'au sommet et continuons jusqu'au pic des Jumeaux. Georges Ledormeur et F. Carrive furent les premiers à gravir ses deux sommets en 1921. Arlaud les appelait les "3000 Ledormeur", et la brèche Carrive sous le pic des Jumeaux conserve le nom du premier vainqueur.
Au sommet du pic des Jumeaux
Séance photo, coup d'oeil sur la brèche Carrive et le Posets qui nous domine, avant de repartir par le chemin inverse. Au retour, cueillette de génépi et séance photo au col Noir et sur les splendides lacs en contrebas, avant de regagner par les névés le bivouac.
Cyril au col Noir
Lac secret sous le col Noir
Plein d'eau, chargement du sac, et nous voilà repartis au col de La Paul pour remonter ensuite au Posets par l'arête descendue hier. J'y trouve ce que je n'avais pas réussit à revoir hier, mais j'étais sût que c'était là que j'avais vu cela: un haut de piolet scéllé dans la roche, portant sur une petite pancarte métallique la mention suivante: "Sube, sube, hasta coronar la cima de tu busqueda!" Sur cette arête descendue hier, nous montons, montons, jusqu'à couronner le sommet de notre recherche, celui dont Arlaud disait qu'il l'aimait "plus que toute autre montagne pyrénenne", le Posets.
Le piolet et son inscription
Cyril sur l'arête nord-est du Posets au dessus du glacier de Posets
Retour au sommet, un peu moins de monde qu'hier, mais on ne s'y éternise pas.
Avec Cyril au sommet du Posets
Nous descendons bientôt au col de la dent de Llardana ou nous mangeons.
La dent de Llardana vue depuis le Posets
L'escalade de la dent, vaincue le 22/07/1913 par Henri et Roger Brulle, n'est qu'une simple formalité, pour le dernier 3000 du massif des Posets de Cyril.

Nous revenons au col, puis dévallons bientôt en longue glissade la rue Royale, bien enneigée cette année. De là, nous filons au Forcau ...
Dans le vallon sous la rue Royale
... puis à la voiture. Il est 15h. Nous voila revenus à Espigantosa, presque déçus de repartir, tellement ces trois journées furent de toute beauté. Mais d'autres sommets nous attendent...