28 octobre 2016 : Neige d'automne sur le Vignemale vu du Néouvielle


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vendredi 1 novembre 2013

Balaïtous, document d'histoire pyrénéiste : un émouvant témoignage du passé...

Balaïtous de légende
 
Le 3 août 1825, après quatre tentatives dont l'une s'était achevée au sommet du Palas, Marcou et Jean-Pierre Cousté, guidant les officiers géodésiens Pierre-Eugène-Félicien Peytier et Paul-Michel Hossard, parviennent au sommet du Balaïtous, par un itinéraire encore aujourd'hui inconnu (mais longuement supposé dans la bibliographie pyrénéenne). Ils y construisent un cône tronqué en pierre sèche de 3m42 de hauteur.
 
A nouveau, ils y remontent le 25 août 1826, avec onze hommes dont Marcou et Jean-Pierre Cousté. Dans ses nombreux écrits, Henri Beraldi a construit le mythe de cette campagne extraordinaire pour l'époque.

Campant au sommet sous une tente, les hommes y essuient orage, grêle, neige… et ne peuvent regagner la vallée que le 2 septembre, abandonnant leur instrument de prédilection, le fameux cercle répétiteur... et les piquets de tente !

Avec un seul homme cette fois-ci, Peytier et Hossard y remontent une semaine plus tard, séjournant au Balaïtous du 9 au 11 septembre 1826... pour aller rechercher le cercle répétiteur ! Leur matériel étaient financé sur les deniers publics, et ils avaient le souci de la dépense minimale.
 
Ces hommes, discrets, ne firent pas cas de leur exploit (ils avaient également pendant leurs campagnes gravis le Maupas, le pic de Troumouse). Néanmoins, leur supérieur hiérarchique, Brousseaud, auquel ils rendirent compte de leur expédition dans un rapport, en donna des extraits au Journal officiel de l'époque, le Moniteur Universel (n°273, du samedi 30 septembre 1826). C'est donc l'acte original de conquête du Balaïtous que recèle ce document. Le voici donc (colonne de droite, voir la seconde photo pour lire) :
 
Cliquez sur la photo :


 
 Et les piquets de tente, me direz-vous?
 
Le 29 août 1872, montés par la cheminée de las Néous, Basile Gaspard (guide), Jean Lacoste (berger), mènent au sommet Édouard Wallon qui y observe encore les restes d’un fourneau et des piquets de tente des géodésiens, Wallon en emporte un d'ailleurs.
 
Le 20 septembre 1881 montés depuis Broussette par le col d’Arrémoulit, le rocher du Déjeuner puis par l’arête Packe-Russell (sur laquelle ils trouvent une enveloppe avec écrit « Pour l’édification des générations futures » peut-être déposée là par Russell en 1863) et la brèche Orteig, Jean Soustrade, Jacques Laborde, Jacques Orteig avec Doassans, Léon Cadier, Feranz, Domerchicoff, Roger de Bouillé et ses enfants (Marie, Jehanne et Yseult) atteignent le sommet. La tourelle des géodésiens est encore visible, elle ne fait plus que 1m71, ainsi que les piquets de tente !
 
Le 5 août 1899, Léon Maury, Léon Voizot, Courtade (de la Société des Touristes Ossalois), guidés par Charles Carrère, parviennent au sommet. Léon Maury y ramasse un des derniers piquets de Peytier et Hossard, il en reste encore trois à son départ !

Ces trois derniers piquets, ce sont les frères Cadier qui les emporterons le 10 août 1895 après avoir atteint la cime par la brèche Latour.
 
Et bien! nous sommes en 2013, et c'est quand même pas tous les jours que l'on a l'occasion d'avoir sous les yeux un témoignage aussi authentique remontant au temps les plus anciens et les plus glorieux du pyrénéisme. Ces piquets, en voici un bout, un tout petit bout, mais tellement grand par ce qu'il représente. Il constitue une relique émouvante au possible, précieusement conservée dans une archive. J'en suis encore tout retourné, et je partage volontiers ce petit morceau de bois avec vous :
 

Pour le reste, désolé, je vais avoir plus de mal...